Le lundi 14 avril 2008

Benoit Labonté tend la main à Gérald Tremblay

Éric Clément

La Presse

Dans le cadre de la réforme de la carte électorale québécoise, le maire de Ville-Marie, Benoit Labonté, propose au maire de Montréal, Gérald Tremblay, de rassembler une large coalition régionale non partisane pour faire entendre à Québec la voix de la région montréalaise et obtenir une représentation plus équitable à l'Assemblée nationale.

À cette fin, M. Labonté transmettra aujourd'hui à la Ville de Montréal une motion qu'il veut présenter lors du prochain conseil municipal, le 28 avril, a appris La Presse. La motion demande que la Ville entreprenne des démarches «immédiates et vigoureuses» auprès du gouvernement Charest afin que le poids électoral de Montréal et de sa région soit non seulement préservé, mais amélioré.

Benoit Labonté fait valoir que, déjà, le vote d'un électeur de Montréal «vaut moins qu'un vote en région» et que cette tendance est appelée, «si rien n'est fait, à augmenter». Il souhaite que Québec corrige la situation qui prive la région montréalaise d'un poids démocratique équitable. Il espère que le ministre responsable de la réforme des institutions démocratiques, Benoît Pelletier, suivra les recommandations du directeur général des élections, Marcel Blanchet, visant à redécouper les circonscriptions, à en éliminer trois en région et à en rajouter trois dans la banlieue montréalaise.

Il regrette que la proposition «équitable» de M. Blanchet soit, comme les précédentes, en train d'être «balayée sous le tapis pour perpétuer les inégalités de représentation électorale entre les régions», «une distorsion qui ne passe pas le test démocratique», dit-il.

Le maire Labonté croit que l'heure est venue pour que la classe politique et économique de la métropole fasse savoir à Québec que le déséquilibre démocratique lié à sa sous-représentativité est injuste et a un prix. Pour lui, il en va des intérêts de Montréal et c'est pourquoi il demande au maire Tremblay d'«assumer son leadership» et de «mobiliser les Montréalais de tous les secteurs qui risquent de souffrir d'un déséquilibre politique dans la représentation à Québec». Et il ajoute que sa motion n'est pas partisane.

«Tous les Montréalais doivent s'unir derrière le maire, dit-il. Je tends la main au maire là-dessus. C'est un enjeu fondamental qui n'a absolument rien à voir avec la ligne partisane à Montréal. Ce sont les intérêts supérieurs de Montréal qui sont en jeu. Il faut se rassembler autour de cette cause-là, qui doit être portée par le maire de Montréal. Et je l'appuierai avec beaucoup d'enthousiasme sur cette question.»

Déjà, alors qu'il était président de la chambre de commerce du Montréal métropolitain, M. Labonté avait présenté en 2002 un mémoire sur le même sujet dans le cadre de la consultation sur la Réforme des institutions démocratiques du Québec. Il avait insisté sur le fait que la région de Montréal «est responsable de 50% du produit intérieur brut du Québec» et que 70% des exportations québécoises proviennent de cette région.

Malgré le fait que la région soit le poumon économique du Québec, son poids politique réel lui joue des tours: de 1996 à 2002, les dépenses d'immobilisations du gouvernement québécois à Montréal ont été de 1,3 milliard, soit 19,4% de ses dépenses pour 24,8% de la population du Québec. Dans le même temps, la Vieille Capitale a reçu 1,6 milliard, soit 23% des dépenses québécoises alors que la population représente 8,8% de la province. «Quand on n'est pas capable de faire valoir son point, cela a toutes sortes de conséquences», dit M. Labonté.

Source :
http://www.cyberpresse.ca/article/20080414/CPACTUALITES/804140665/5077/CPACTUALITES

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